Passer au contenu
Kuriosis Fine Art GmbHKuriosis Fine Art GmbH
Connexion
0
0

Estampes d'art de Paul Gauguin : le guide du collectionneur pour la couleur postimpressionniste

Paul Gauguin a abandonné une carrière d'agent de change pour se consacrer à une pratique picturale radicalement nouvelle. Un guide du collectionneur sur la couleur postimpressionniste, le synthétisme, les années tahitiennes et le choix de la bonne estampe pour votre intérieur.

Mata Mua by Paul Gauguin, 1892, framed in oak, hanging in a sunlit room

Portrait d'artiste · 8 min de lecture · Kuriosis Studio Team, Berlin · juin 2026

Paul Gauguin a renoncé à une brillante carrière d'agent de change, a quitté sa famille au Danemark et a fini par naviguer jusqu'à l'autre bout du monde, tout cela pour une pratique picturale qu'il estimait la civilisation européenne incapable de produire. Le résultat est l'une des œuvres les plus singulières de l'histoire de l'art : des aplats de couleur, des contours noirs marqués, une lumière tropicale et une franchise émotionnelle qui contourne tout ce que la peinture académique avait mis quatre siècles à perfectionner.

D'agent de change à peintre, la vie radicale de Gauguin

Paul Gauguin est né à Paris le 7 juin 1848. Sa mère était d'ascendance française et péruvienne ; son enfance a compris cinq ans à Lima, au Pérou, une formation cosmopolite précoce qui annonçait son inquiétude perpétuelle. De retour en France, il a servi six ans dans la marine marchande avant de s'installer à Paris comme agent de change dans les années 1870, où il gagnait un revenu confortable et collectionnait des œuvres impressionnistes en amateur. Il peignait le week-end et exposait avec les impressionnistes entre 1880 et 1886, tout en occupant un emploi à temps plein. Son tuteur Gustave Arosa, collectionneur d'art, l'avait introduit dans le cercle de Pissarro, Gauguin s'est ainsi glissé discrètement dans le mouvement pictural le plus radical de son époque tout en gardant un emploi de bureau.

Le krach boursier français de 1882 a mis fin à sa carrière financière. En 1885, Gauguin s'était entièrement consacré à la peinture, une décision qui lui a coûté son mariage. Son épouse Mette-Sophie a emmené leurs cinq enfants à Copenhague ; il n'a plus jamais vécu avec eux. Les quinze années suivantes l'ont mené en Bretagne, en Martinique et à Arles, dont neuf semaines de travail aux côtés de Vincent van Gogh, qui se sont achevées par l'effondrement de ce dernier. En avril 1891, il a navigué pour la première fois vers Tahiti. Il est brièvement revenu en France, a constaté que ses nouvelles œuvres étaient mal accueillies, puis est reparti définitivement en 1895. Il est mort aux îles Marquises le 8 mai 1903, à 54 ans, des suites de complications liées à la syphilis, largement inconnu du grand public.

La biographie compte parce qu'elle a façonné l'œuvre. Gauguin ne théorisait pas depuis un atelier confortable, il démantelait sa vie, délibérément et à un coût réel, pour créer des tableaux qu'il pensait impossibles à produire par toute autre voie.

Synthétisme et cloisonnisme, un nouveau langage visuel

À la fin des années 1880, travaillant en Bretagne aux côtés d'Émile Bernard et du cercle de Pont-Aven, Gauguin avait mis au point ce qu'il appelait le synthétisme : une méthode picturale qui synthétisait la forme extérieure d'un sujet avec l'idée ou l'émotion intérieure qu'il portait. Comme il l'a formulé lui-même : « L'art est une abstraction, tirez-la de la nature en rêvant devant elle, et pensez plutôt à l'acte de création qu'au résultat. »

La réalisation technique du synthétisme fut le cloisonnisme, de larges aplats de couleur pure délimités par d'épais contours noirs, nommé par le critique Édouard Dujardin d'après les compartiments de l'émail français traditionnel. Gauguin s'est inspiré directement des estampes japonaises ukiyo-e et des vitraux médiévaux, rejetant les dégradés tonaux et la profondeur perspective que la peinture académique avait affinés pendant des siècles. Sa Vision après le sermon (1888, National Gallery of Scotland), des femmes bretonnes assistant au combat de Jacob avec un ange sur un fond rouge uni, fut la première démonstration majeure de la méthode pleinement aboutie. Son The Invocation montre la même logique formelle transposée dans la période tahitienne : des figures posées sur un fond radicalement simplifié, la couleur exprimant le sentiment plutôt que la lumière observée.

Le critique d'art Albert Aurier, dans l'analyse contemporaine de référence de 1891, décrivait l'œuvre de Gauguin comme « idéiste, symbolique, synthétique, subjective et décorative », une formule que l'artiste lui-même citait avec approbation. Le mot « décoratif » était un compliment : Gauguin traitait la surface du tableau comme un tout unifié, chaque élément au service de la composition.

Les années tahitiennes, peindre le monde dont il avait besoin

L'intention affichée de Gauguin pour le voyage à Tahiti était directe : « Je pars pour avoir la paix, pour me débarrasser de l'influence de la civilisation. Je ne veux faire qu'un art simple, très simple. » Il découvrit à son arrivée un Tahiti déjà largement façonné par l'administration coloniale française et l'activité missionnaire chrétienne, bien loin du monde primitif qu'il avait imaginé. Il réagit en peignant le Tahiti dont il avait besoin plutôt que celui qu'il avait trouvé.

Les tableaux tahitiens, réalisés au cours de deux longs séjours (1891-1893 et 1895-1903), constituent le cœur de son héritage. Ia Orana Maria (Je vous salue, Marie, 1891, Metropolitan Museum of Art, New York) transpose la Madone et l'Enfant dans un paysage polynésien luxuriant, non pas un document ethnographique mais une réinvention spirituelle complète. Mata Mua (Autrefois, 1892) représente un Tahiti précolonial imaginé, dans des verts et des terres cuites profonds et saturés. Where Do We Come From? What Are We? Where Are We Going? (1897-1898, Museum of Fine Arts, Boston), son chef-d'œuvre autoproclamé, a été peint en un seul mois après une tentative de suicide manquée : une grande frise se lisant de droite à gauche comme la naissance, la vie et la mort.

Le marchand Ambroise Vollard a fourni à Gauguin une avance mensuelle contre des achats annuels garantis, mettant en place l'infrastructure commerciale de son marché posthume. L'écrivain W. Somerset Maugham a romancé sa vie dans L'Envoûté (1919), élargissant considérablement sa présence culturelle populaire tout au long du XXe siècle. Son influence directe sur la peinture qui a suivi est étonnamment large : le groupe des Nabis, Bonnard, Vuillard, Maurice Denis, s'est formé autour de ses idées alors qu'il se trouvait encore à Tahiti. Matisse et les fauves ont repris sa couleur saturée et non descriptive. Kirchner et les expressionnistes allemands se sont inspirés de sa franchise émotionnelle. Picasso a reconnu que son travail sur les formes océaniennes lui avait ouvert la voie vers la pensée qui a mené au cubisme.

Parcourir les estampes de Paul Gauguin chez Kuriosis →

Pourquoi Gauguin mérite d'être collectionné

L'œuvre de Gauguin réunit une rare combinaison de qualités qui suscitent à la fois un attrait durable pour les collectionneurs et pour la décoration intérieure.

Clarté graphique

Des aplats de couleur et des contours marqués, conçus comme des plans visuels unifiés. Contrairement aux œuvres impressionnistes qui s'adoucissent à distance, les compositions de Gauguin conservent leur impact d'un bout à l'autre d'une pièce, elles ont été conçues pour cela.

Palette chaude

Ocres, terres cuites, verts profonds, bleus tropicaux, une gamme de couleurs qui apporte de la chaleur aux intérieurs contemporains sans paraître datée. La palette tahitienne est saturée et vivante, d'une façon qui s'accorde à la plupart des contextes intérieurs.

Poids institutionnel

Des œuvres majeures au Met, au MoMA, au MFA de Boston, au Courtauld, à la Tate et à l'Albright-Knox. Cette profondeur de présence muséale garantit une visibilité culturelle à travers les générations, Gauguin n'est pas un nom qui s'efface.

Fidélité de reproduction

Sa technique, couleur plate, contour marqué, profondeur atténuée, se reproduit avec une précision exceptionnelle. Les qualités formelles qu'il a le plus travaillées sont précisément celles qui se traduisent le plus fidèlement dans une estampe d'art archivable.

« L'art est une abstraction, tirez-la de la nature en rêvant devant elle, et pensez plutôt à l'acte de création qu'au résultat. »
— Paul Gauguin

Choisir le bon Gauguin pour votre intérieur

L'œuvre de Gauguin se divise naturellement en deux phases, la Bretagne et Tahiti, chacune créant une atmosphère distincte. Les toiles tahitiennes apportent la couleur comme une présence physique : si vous cherchez un tableau qui domine une pièce, ce sont elles qu'il vous faut. Mata Mua fonctionne au-dessus d'un buffet ou d'une table à manger, là où la palette tropicale chaude se lit d'un bout à l'autre de la pièce. The Swineherd, issue de sa période bretonne mais déjà marquée par la palette cloisonniste affirmée, trouve bien sa place dans un bureau ou une chambre.

Les œuvres bretonnes, Haystacks in Brittany, A Farm in Brittany, sont plus sobres. La palette est plus froide et plus contenue ; elles trouvent naturellement leur place dans des couloirs ou des bibliothèques sans les dominer. Elles s'associent naturellement à d'autres paysages européens et fonctionnent bien groupées par deux ou trois, pour une séquence narrative issue de la même période.

Côté format, la toile est un excellent choix pour les sujets tahitiens : le tissage apporte de la profondeur aux champs de couleur superposés et rappelle la surface picturale d'origine. Les œuvres bretonnes sur papier d'archive, avec un encadrement noir ou en chêne, offrent une présentation nette et graphique, adaptée aux intérieurs contemporains. Les deux formats sont produits dans notre atelier berlinois sur des matériaux conçus pour durer bien au-delà d'une vie.

D'autres œuvres de la collection Gauguin :

Pourquoi des estampes d'art ? L'approche Kuriosis

Chaque estampe Gauguin de notre collection est réalisée dans notre atelier berlinois avec des encres pigmentaires d'archive garanties plus de 100 ans, sur papier d'archive ou toile. Les aplats de couleur et les contours marqués de Gauguin se reproduisent avec une fidélité exceptionnelle ; les qualités formelles qu'il a le plus travaillées sont précisément celles qui se traduisent le plus fidèlement à l'impression. Parcourez ici l'ensemble de la collection Gauguin.

Sources et pour aller plus loin

Parcourir toutes les estampes de Paul Gauguin →

Panier

Ton panier est actuellement vide.

Commencer tes achats

Choisir les options

Wishlist